jeudi 18 juillet 2013
vendredi 5 juillet 2013
Ecran total
Revoir ce cher Klaus faire le fou avec ses cheveux soyeux m'a rappelé que je n'avais jamais vu Fitzcarraldo. Klaus reprend ici du service en européen à moitié fou perdu dans la jungle, toujours entouré d'eau et obsédé par son silence. La progression du scénario est assez bizarre: afin de réaliser une idée à moitié dingue ( construire un opéra dans la jungle) un type en conçoit une encore plus absurde ( faire passer un bateau par dessus une colline). Le tout finit de façon plus ou moins abrupte, si ce n'est la magnifique dernière séquence, tout simplement hallucinante, d'opéra en bateau.
No parle de la campagne publicitaire qui fit chuter Pinochet: sujet pas inintéressant et assez bien rendu - quoi que j'aie toujours un peu de mal avec la photographie type "docu tourné en VHS", mais dans l'ensemble très bien foutu.
Kagemusha que j'ai enfin eu le courage de regarder, est vraiment un très très grand film: d'abord un peu confus - à cause du truc des doubles qui sont deux pour un seul mort - on peut vraiment le lire à plein de niveaux. C'est aussi excitant pour les scène de batailles, que pour les paysages, que pour le développement du personnage central - le double d'un roi mort. On retrouve une trame de fond assez shakespearienne, en fait qui pourrait être l'envers exact de celle du roi Lear - un père en trois exemplaires qui empêche ses fils de prendre sa suite par-delà le tombeau VS des fils en trois exemplaires qui poussent le leur dans le sien pour prendre sa suite). Le déguisement, le double, le père obscène qui défie la mort, la distinction entre l'habit et l'homme me semblent être des thèmes qui reviennent dans quelques films de Kurosawa. Mais il y a ici, en plus des images superbes,
une performance hallucinante de Tatsua Nakadai, jeu hyper physique, très organique, vraiment épatant.
Fitzcarraldo, Herzorg, 1982
No, Larrain, 2012
Kagemusha, Kurosawa, 1980
mardi 2 juillet 2013
vendredi 28 juin 2013
Ecran Total
En regardant Tenebrae, je me rends compte qu'Argento n'aime décidément pas les animaux: alors que dans Inferno une bande de chats maléfiques dignes de la vieille folle aux chats des Simpson semaient le trouble, on voit ici un doberman vicelard à crever, qui, en plus de grimper des clôtures de 10 mètres, précipite une pauvre fille droit dans la gueule du loup - un serial killer calviniste. De même, Dario n'a pas l'air d'aimer beaucoup les bouquins: c'est de nouveau un livre qui est à l'origine de ce bain de sang - on apprécie particulièrement cette superbe giclée ( bras coupé à la hache).
Pendant ce temps, à Vera Cruz: rien de bien fascinant, si ce n'est le sourire super bizarre de Burt, qui fait bien peur - style Belmondo sous acide. Gary Cooper fait un peu gamin paumé sur le dernier plan - avec son ptit gilet, son ptit pantalon remonté et son ptit pistolet, l'est tout chou. Le plan avec le petit groupe d'enfants mexicains est particulièrement dément - y zont des ptits chapeaux.
Mon épopée Jesuseque m'a donné envie de revoir La religieuse, dont je ne me rappelais que de la première partie ( dans le premier couvent). J'avais zappé la suite: pauvre Suzanne, qui ne tombe que sur des gens tout chelous - et si les incessantes cloches de la première partie laissent présager le pire, les petits oiseaux qui chantent de la deuxième ne sont pas vraiment un heureux présage. Saloperies. Très belles lumières, un peu primitives flamandes.
Toujours dans le registre individu-normal-rendu-fou-par-des-religieux-obscurs, The Master est un peu un truc de malade, que je dois revoir parce qu'il est un peu touffu en terme de lacanisme. J'adore Joaquin Phoenix, même avec un bec de lièvre imaginaire et j'ai bien kiffé le Maître, qui fait super peur. De nouveau, lumières très rembrandtiennes (-euses?) et une bande-son dont je n'arrive pas à évaluer l'apport ( révolutionnaire? toute pourrie? sans rapport? contrepoint?). A creuser.
Tenebrae, Argento, 1982
Vera Cruz, Aldrich, 1954
La Religieuse, Rivette, 1967
The Master, Anderson, 2012
lundi 24 juin 2013
What would Jesus do?
Probablement un travelling avant super rapide sur une paire d'yeux bleu lagon.
Je sors d'une micro-rétrospective sur Jesus Franco qui a comblé un vide assurément existentiel.
Le sadique est une bonne entrée en matière, puisqu'on y retrouve une série d'éléments sans qu'aucun ne soit trop proéminent: un peu horrible, un peu érotique, un peu jazzy. Une chose perturbe cependant, c'est l'incessante utilisation du travelling avant sur les visages des personnages et de gros plans hyper macro qui fatiguent un peu. Pour ce qui est du scénario, rien de bien folichon - des meurtres, un baron étrange qui dort dans son caveau, une histoire d'amour secrète et un coupable qui finit englouti. Comme le tout se passe en Allemagne (?), on peut aussi y apercevoir un panneau mentionnant " Achtung! Kurve!". C'est une sorte de blague polyglotte.
On retrouve cette obsession du travelling avant dans Les nuits de Dracula, mais qui s'assortit ici d'un élément récurrent: l'obsession pour les yeux, surtout bleus. Adaptation classique du livre peuplée de héros au regard pâle, dont la palme revient à Klaus Kinski en schizophrène/activiste viennois. Pas beaucoup d'érotisme ici, mais plein d'action - grosse fight avec une bande d'animaux empaillés, attaque de convoi de gitans à base de gros cailloux et giclage de sang dans les yeux. Il y a une certaine utilisation des lumières qui fait parfois penser à des scènes de théâtre.
Vampyros Lesbos est assez similaire dans la structure au comte Dracula ( rencontre initiale/asile psychiatrique/schizophrène en goguette/possession brisée par un pieu bien placé) sauf qu'on est dans une version clairement érotique du mythe. Toutes les scènes d'action sont habilement remplacées par des scènes d'amour entre les deux héroïnes ou par les scènes de strip-tease de l'héritière de Dracula ( visiblement, si le comte peut se permettre de se tourner les pouces en se contentant d'être un vampire, sa progéniture postmoderne en est réduite à s'exhiber pour payer son loyer, chienne de vie). On retrouve la musique jazz parfois mélangée à des tonalités plus orientales, parfois mixée avec des sons plus typés "angoisse", mais toujours très funky. Ça se passe à Istanbul, où tout le monde parle allemand (normal) avec un débit à la Herzorg ( flippy!).
Lettre d'amour d'une nonne portugaise est toujours dans un registre érotique, probablement encore plus explicitement, mais dans un univers complètement différent - le Portugal, l'Inquisition, un couvent. Un scénario qui ressemble à celui de La religieuse, mais en beaucoup plus nasty. Au niveau des images, Jesus se calme enfin avec le travelling à tout va, mais pas avec les yeux. Le couple maléfique Mère Supérieur/Padre est diabolique, et les scènes des tortures intéressantes. Il y a une brève apparition du Diable, qui a les mains bien poilues et une petite mèche rebelle sur le front ( entre Tintin et Elvis).
Jack l'éventreur est encore autre chose: ultra sobre ( pratiquement aucune musique, tons gris/vert d'eau, meurtrier silencieux). Pour être parfaitement honnête, à ce stade-là, je commençais à sombrer tout doucement et ai un peu zappé la fin du film. Mais une chose est sûre: Jesus a un méga problème avec les yeux: l'aveugle du début, l’œil dans le sac de jute, les yeux révulsés de la prostitué sur son lit: tout ça mijote quelque chose.
La mano de un hombre muerto, 1962
Les nuits de Dracula, 1970
Vampyros lesbos, 1971
Die Liebesbriefe einer portugiesischen Nonne, 1977
Jack the ripper, 1976
jeudi 20 juin 2013
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