samedi 2 novembre 2013

Utopia


Comme pas mal de séries britanniques, Utopia se place dans une veine glauque/flippante qu'on dirait nourrie à la marmelade faisandée: much ado about, parce que dans les faits, ça va. 

Conspiration médico-politique fomentée par un scientifique fou et consignée dans un comic à l'esthétique mi-expressionniste mi-nimp, l'intrigue n'est finalement pas le plus intéressant de l'ensemble - la bande d'outsiders, la fille disparate, le tueur autiste, les doubles zet triples espions qui s'autoespionnent entre eux qu'on devient fou, les exécutions sommaires et les tortures au piment d'espelette: rien que du très classique.  L'idée semble plutôt de créer une ambiance, un mood, une sorte de placenta esthétisant dont on sort un peu sonné - surtout regardé d'une traite.

Le travail de sursaturation de couleur m'a d'abord laissée perplexe - encore un film instamapute, m'écriai-je! - mais non!  Le côté très froid, une bande-son faite de petits bruits bizarres posés en boucles sur des longs drones en spirales 

et un anticlimax dans l'émotion empêchent que le tout tourne à la Bellflower. Du point de vue de l'image, les plans fixes, les cadres larges, et plus globalement un refus l'à-peu-près: ça irait plutôt dans le sens d'une transformation en comics de l'image filmée. 
 




Quelques trucs foirent un peu - style l'histoire "d'amour", qui sort mais alors de nulle part, ou le déguisement en mini Brian Molko du gamin - mais c'est rattrapé par des choses plutôt drôles ( par indavertance?) le tueur québlo  sur une phrase, et un méchant qui se nomme Mr Lapin, héhé.

vendredi 1 novembre 2013

Through Arkansas

                                 



















mercredi 30 octobre 2013

Ecran total

Je ne comprends pas pourquoi à la suite de la sortie de Ghostbuster, on n'a pas assisté massivement à une désertion des écoles publiques et à la création d'école de ghostbusting. Personnellement, je suis en train de réorienter ma carrière vers nulle part, et si j'avais vu ce film plus jeune, je ne serais pas dans cette merde noire, non, j'aurais fait quelque chose d'utile et à l'heure qu'il est, j'aurais une petite entreprise qui ne connaît pas la crise et une barre de fer qui va de mon salon à mon garage. Tout ça pour dire que je n'avais jamais vu ce film - probablement une conspiration parentale qui avait vu venir le coup de la désertion scolaire - et que je rejoins totalement Venkman quand il constate " We should split, that way we can do more damage". 

Toujours dans le thème de la réorientation de carrière, j'ai envisagé l'exil, plus précisément vers le Louisiane ( sans déconner). Mais en fait non. Southern Comfort est un survival à l'envers d'une certaine façon: des jeunes bien mignons qui tentent de survivre en milieu hostile, on passe à des soldats à moitiés dégénérés ( pléonasme n'est pas plaie mortelle) qui font chier une bande de joyeux types dont l'activité principale semble d'être de danser au son de l'accordéon en buvant de la bière Dixie et en rôtissant des bons gros cochons ( un peu comme dans un film de Kusturica). Seuls les outsiders s'en sortent (spoiler alert) (ou pas?), et c'est là qu'on apprend que tout n'est pas mauvais dans le Texan. Les marais sont certes hostiles, mais c'est une question de point de vue: bien sur, si on filme le côté boueux, végétation pourrissante et sauvages des bois, c'est moins drôle, mais on peut aussi penser pratique (plein de voies navigables, un peu comme Venise), pas de feuilles à ramasser en hiver et des hipsters à chemises de flanelle de partout ( un peu comme à Brooklyn).

This is the end ne casse pas des briques, mais ne ment pas non plus: sorte de trip nostalgique de Freaks and geeks, mixé avec des références pop dans tous les sens et des cast-out du Saturday Live, certains trucs sont franchement pas mal, d'autres un peu "Meh". On aurait bien aimé que le cannibale-fou-mad-maxisé de la fin soit en fait Woody Harrelson. Mais bon.

Revoir Stalker, même en équilibre sur une chaise précaire, coincée derrière un artiste conceptuel à la coiffure touffue et avec des sous-titres décalés d'une bonne seconde m'a rappelé que c'était bien un des mes films préférés de tous les temps. Il y avait plein de trucs que j'avais oublié, ou jamais remarqué, comme la bande-son bizarre un peu bruitiste qui compose autour des mouvements des trains et de la draisine. L'eau, le temps, le silence, l'immobilité; c'est le film dans lequel je veux littéralement habiter.

Ghostbusters, Reitman, 1984
Southern Comfort, Hill, 1981
This is the end, Rogen, 2013
Stalker, Tarkovsky, 1979

lundi 28 octobre 2013

jeudi 24 octobre 2013

Hope, AR.


I spent some 24 hours in Hope, between trains. The town is famous for being the place of birth of Bill Clinton and for its gigantic watermelons. I visited every museum in town, including one about Paul Wilbur Klipsch, who was some sound genius. 



A burned down building was sitting there, and I was told it has been a jigsaw puzzle factory that went bankrupt and mysteriously went into flames a few months later. You could still see part of those puzzle from the outside.



For some reason, my film also burnt and the backing paper imprinted itself on the negative. I'm still not sure if I like it.



Walking along the interstate to get to my motel, I saw this and found it was both cruel and witty.


For some reason, these kind of signs is what directly pops into my mind when I think about the States, so I got pretty obsessed with that. There where a really cool strech of them along the 270 close to Hot Springs.

Ecran total

Comme par une sorte de hasard heureux, j'ai regardé The deerhunter, qui tourne autour des mêmes thèmes que quelques films évoqués précédemment: des têtes déjà vues dans Medium cool et Greetings et LE sujet qui préoccupe tout le monde - le Vietnam. Un certain fétichisme du poil me fait apprécier les barbus plus que de raison et je trouve que de Niro la porte particulièrement bien - la barbe, bien sûr. La division du film en trois temps - avant, pendant, après - n'est pas une mauvaise idée, la partie au Vietnam étant finalement la moins longue. La ville industrielle bien glauque et son contrechamp de nature mystique entourée de brumes nordiques fonctionne plus comme un territoire que comme un décor et la longue scène de mariage montre la communauté dans sa tentative de recréer le territoire - communauté étrangère, mais déjà complètement américaine. Le motif de la roulette russe devient un peu lourd, parce qu'un peu répétitif - le suspense induit par une partie de roulette russe "marche" à chaque fois, mais point trop n'en faut. Il me semble que le fond de l'histoire, c'est la découverte de Walken de la réalité de la mort et son passage du côté obscur. A moins que la répétition ne cherche à souligner le parcours du personnage - flippé, puis un peu moins, puis bah! C'est possible, mais je me trouvais dans une salle pleine de gens goguenards (bourrés?) et les nombreux rires occasionnés par quelque chose que je ne parviens pas à déterminer, m'ont un peu déconcertée ( les claques à répétition? Le thaïlandais? Les bandeaux de Rambo?)

La figure d'une société qui en est sans en être devient le thème central de Year of the Dragon. Même sans barbe, j'aime Maïqui et je dois dire que malgré son côté super obnoxious, j'avais plus envie de gifler cette petite catin journaliste à la manque pour son manque de gestion de relations interpersonnelles ( et pour son côté de grande hystérique) que lui. Cela dit, Cimino est pas bien féministe entre les lignes, mais bon. De nouveau, beaucoup de longue scènes de cérémonies, avec le côté karma-is-a-bitch du début qui est comme la fin et de l'insignifiance du corps réel du roi (pour ceux qui suivent le foot). Plein de petits lieux communs de films policiers émaillent le tout, mon préféré étant le-témoin-sacrifié-qui-meurt-en-donnant-l'info-qui-tue. 

La dame de Shanghai ne parle alors pas du tout de Shanghai, mais est un beau film noir (= j'ai enfin réussi à identifier le genre, yo). Femme fatale aux origines mystérieuses, héros déceptif mais droit au passé obscur et au physique troublant, vieux croulant  à l'associé véreux et zone territoriale trouble. L'associé est particulièrement véreux, style ça sent jusque dans la salle et Welles, plutôt fascinant - la parabole des requins! - avec son truc-à-la-Casey-Affleck et son nez qui bouge. La scène du palais des miroirs est un peu confuse, mais, ha, tout est bien qui finit bien (film noir alors?)

Gilda est un peu moins un film noir (mince, juste au moment où je pensais le tenir), puisque le happy end en est vraiment un. C'est dommage, la femme fatale, les origines bizarres, le vioque tout ça, ça m'avait mis en train, pis non. Bon, c'est quand même un grand film de dingue, dont le souvenir le plus obsédant est pour moi celui du petit joueur à la moustache (sans barbe!) qui semble être enduite de gel. J'ai du mal avec cette mode de moustache.

The Deerhunter, Cinimo, 1978
The year of the Dragon, Cinimo, 1985
The Lady from Shanghai, Welles, 1947
Gilda, Vidor, 1946

jeudi 17 octobre 2013

New-Orleans, LA.






 

In New-Orleans, I mostly tried to get out of the weird French Quarter and its flocks of drunk tourists. I took a boat to the other side, to Algiers. There was not much to do there, so I sat and watched the Mississippi, imperturbable and placid.

In the Insectarium was an informational display case about how do cockroaches settle in a household. They had put a bunch of them in a doll-sized house. The whole things looked pretty spooky - almost lynchean in a way.



Oh, and there was a webcam in the cockroaches house, so you can actually follow them on a daily base.